Généalogie des Bouzanne

05 septembre 2011

Les registres matricules miltaires

Les archives départementales des Deux-Sèvres et de la Vienne, départements auxquels sont rattachés des branches de mon arbre généalogique, ont publié les registres matricules militaires des classes de conscription s'échelonnant de 1867 à 1900 pour le bureau de recrutement de Parthenay dans les Deux-Sèvres, de 1867 à 1908 pour celui de Chatellerault dans la Vienne.

Que nous apprennent ces registres pour chaque individu :
- l'état-civil, le nom de ses parents, sa profession ;
- le signalement (couleur des cheveux, des sourcils et des yeux, forme du nez, de la bouche, du menton et du visage, taille) ;
- les dates et lieux d'habitation successivement habités ;
- le détail des services et mutations effectués dans l'armée active, en particulier les campagnes menées contre l'ennemi pendant la grande guerre de 1914-1918 pour cinq d'entre eux.

On y relève également les causes de réforme et même les condamnations pour des actes délictueux!

Un des ces  registres

Paul Maurice 1895 0

Ainsi, je découvre que mes aïeux dont les classes de mobilisation s'échelonnent de 1893 à 1900, donc nés entre 1873 et 1880, ont majoritairement les cheveux et les sourcils de couleur chatain, les yeux roux ou bruns, le nez petit ou moyen, la bouche moyenne, le menton rond, le visage ovale, et sont de petite à moyenne taille (compris entre 1,55m et 1,71m).

Sur les neuf individus concernés, trois d'entre eux ont été rappelés à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, un ayant été tué à l'ennemi. Ces registres m'ont permis de prendre connaissance de la date et du lieu de décès de mon arrière-grand-père paternel, Jean-Baptiste, ces renseignements y figurant car il n'était pas encore libéré de ses obligations militaires.

J'attends désormais la mise en ligne des registres pour les classes de mobilisation portant jusqu'en 1917, six autres de mes aïeux étant concernés dont mon grand-père paternel, Baptiste Fernand Eugène, pour lequel j'obtiendrais peut-être plus de précisions sur ses hospitalisations consécutives à une blessure de guerre (voir mon message "mes grand-pères dans la grande guerre").

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30 août 2011

De l'exploitation des listes de recensement

Les listes nominatives de recensement, ou de dénombrement, de la population, nous donnent beaucoup d'informations sur les familles, leur composition et leur mobilité. Ainsi, profitant des archives numérisées sur le site internet  des Deux-Sèvres, j'ai pu reconstituer sur près d'un demi-siècle la chronologie familiale des Bouzanne présents dans ce département, en particulier à Bressuire, depuis le milieu du XIXème siècle jusqu'au début du siècle suivant.

C'est le couple René François Bouzanne et Marie Pichon qui marque le début de cette présence.  Il est issu du  Maine et Loire où sa présence est avérée jusqu'en 1834, une naissance étant enregistrée à Saumur le 5 février de cette année-là, puis s'installe ensuite à Bressuire où la naissance de leur quatrième enfant y est enregistrée le 25 juin 1838 ; le dénombrement de population fait au début de l'année 1836 à Bressuire ne mentionnant pas encore leur présence, leur installation dans cette ville peut donc être fixée entre le courant de l'année 1836 et le début de l'année 1838.

René François Bouzanne est décédé à Bressuire en 1850 ; son épouse y est encore recensée en 1891 avant de décéder en 1893 dans cette même ville. Sur le premier recensement de 1866, nous la trouvons au 2 de la place Saint-Jean avec Frédéric, son troisième fils vivant (l'ainé de ses fils est décédé en 1855), le second vivant, Eugène demeurant avec son épouse, Marie-Madeleine Ingreneau, et quatre de ses six enfants au 8 de la même adresse ; le cinquième enfant est recensé chez sa grand-mère maternelle,  le sixième enfant l'est à l'hospice de la ville.

Extraits de ces listes nominatives (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

1866_2_blog

1866_3_blog

En 1872, les changements concernent Frédéric qui s'est marié et demeure au 2 de La Grande Lapaudière, sa mère vivant désormais seule, et du changement d'adresse d'Eugène et de sa famille domicilié au 16 faubourg Saint-Jacques. Si le cinquième enfant a réintégré le milieu familial, on retrouve toujours à l'hospice le sixième enfant. Des changements d'adresse, ou de numérotage dans la rue, sont ensuite relevés jusqu'au dernier recensement indexé de 1906 ; mais il se peut que la ville est rebaptisée ou renumérotée certaines voies.

Frédéric et sa famille se sont installés à Saint-Porchaire entre 1872 et 1876, commune très proche puisque cette dernière est aujourd'hui intégrée à Bressuire. Seule manque à l'appel Marie Juliette en 1896 et 1901 (8 et 13 ans). Cette famille s'est ensuite déplacée vers le Maine et Loire, probablement à Angers, entre 1901 et 1906.

Les tableaux ci-après synthétisent les relevés faits sur ces listes nominatives de 1866 à 1906.

 

1

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Ainsi, en 1881, Eugène n'apparait plus sur la liste de recensement. Il a en effet quitté le foyer conjugal tel que l'attestent les actes de mariage de deux de ses filles, la première en 1882, la seconde en 1884, lesdits actes précisant "l'absence du père, sans nouvelles, ainsi qu'il résulte d'un acte de notoriété dressé par le juge de paix du canton de Bressuire". Il est décédé à Saint-Généroux en 1886 ; il y exerçait la profession de chiffonnier, après avoir été maçon à Bressuire, ce qui peut laisser supposer que son mode de vie était celui d'un marginal.

Les enfants et petits-enfants issus du couple Eugène Bouzanne et Marie-Madeleine Ingreneau sont donc recensés à Bressuire jusqu'en 1906. Seuls mes arrières-grands-parents, Jean-Baptiste et Léonie Forestier, mariés à Bressuire en 1895, ne figurent pas dans les listes de recensement de cette ville de 1896 à 1906. Pourtant, trois de leurs quatre enfants y sont nés, à savoir mon grand-père paternel, Baptiste Fernand Eugène en 1895, Louise Marie Madeleine en 1899 et René en 1902 ; le quatrième enfant, Albert, est né en 1897 dans le Maine et Loire, à Chalonnes sur Loire d'où est originaire Léonie Forestier. Seul,  Baptiste Fernand Eugène, est recensé à Bressuire en 1901 et 1906 chez une de ses tantes, Florence Eugénie, qui l'aurait élevé ; la profession de marchand forain d'Eugène, telle que mentionnée dans les listes de recensement, plus précisément celle d'étameur allant de ville en ville pour proposer ses services, pourrait expliquer pourquoi le couple n'est pas recensé à Bressuire. Pour cette famille, j'ai noté également quelques absence dans ces listes et pour les villes visées : Florence Eugénie en 1886 (elle est alors âgée de 26 ans), Adolphe et Louis Eugène en 1876 et 1881 (respectivement  10 et 15 ans, 17 et 22ans)

Toutefois, Léonie Forestier et deux de ses fils, Albert et René, figurent dans la liste de recensement de 1906 à Thouars, ville également située dans les Deux-Sèvres à environ 30 kms de Bressuire. Jean-Baptiste est décédé à Thouars en 1905 quant à sa fille, Louise Marie Madeleine, il se peut qu'elle ait été également placée, soit comme mon grand-père dans une famille, soit dans un pensionnat. Par la suite, Léonie, remariée à Eugène Paillat, et Albert, s'installeront dans l'Indre et Loire puisque nous les retrouvons respectivement à Nazelles-Négron et à Amboise en 1921.

Enfin, ces listes indiquent les professions exercées des personnes recensées. J'ai ainsi relevé quelques métiers , ou des noms de métiers, qui ne sont plus guère usités de nos jours :
- brossier, ouvrier ou ouvrière qui confectionne et vend des brosses ;
- chaisier, ou chaisière, qui, comme son nom l'indique, fabrique des chaises, mais qui peut-être aussi la personne chargée de percevoir les redevances d'utilisation desdites chaises dans tout lieu public ;
- le charron qui fabrique les trains de charrette ;
- étameur, ou rétameur, déjà cité précédemment
, ouvrier qui recouvre d'étain tout ustensile le plus souvent en cuivre pour le rendre propre à la consommation, mais qui devait le plus souvent se charger de leur réparation ;

scieur_de_long- scieur de long, ouvrier qui débite le bois dans le sens de la longueur pour en faire des planches.

D'autres métiers apparaissent également, tels que le cocher, le charretier qui mène  à l'évidence un attelage moins noble, le bonnetier, le chamoiseur, le gantier, le maréchal-ferrand, avec leur équivalent au féminin pour la plupart : la profession exercée tombe sous le sens. Mais gageons qu'avec le développement durable quelques-uns de ces métiers reprennent des couleurs!


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16 juin 2011

Le Tour de France 2011 à Aigurande

Le samedi 9 juillet prochain, tout comme en 2008, la huitième étape du Tour de France 2011 partira d'Aigurande pour se diriger à Super-Besse dans le massif du Sancy. La description des villes de départ et d'arrivée, le parcours de l'étape, sont décrits sur le site officiel du Tour de France. Ce sera l'occasion pour cette charmante bourgade de l'Indre, qui indéniablement semble faire preuve de beaucoup de dynamisme pour être à nouveau désignée comme une des villes-étapes de ce Tour, d'organiser diverses animations.

C'est près de cette ville que la rivière La Bouzanne prend sa source ; mon message "Au fil de l'eau" en décrit le parcours jalonné de nombreux châteaux.

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13 mai 2011

Mes grand-pères dans la grande guerre

Mon grand-père paternel, Baptiste Fernand Eugène BOUZANNE est né à Bressuire en 1895. Il s'est engagé volontaire pour quatre ans le 28 octobre 1913 à Parthenay (Deux-Sèvres) ; il a été inscrit sur la liste de recrutement de la classe 1915 de la subdivision de cette même ville.

Sa situation familiale a vraisemblablement provoqué son engagement : ses états de service le mentionnent en effet comme pupille de l'assistance publique.

Il est arrivé au 77ème Régiment d'Infanterie (R.I.), 1er bataillon, 3ème compagnie, le 29 octobre 1913 sous le matricule 4791, régiment situé à la caserne Tharreau à Cholet (Deux-Sèvres).

La caserne Tharreau

Caserne_Tharreau_2

Ses états de service mentionnent qu'il est devenu élève caporal le 10 novembre 1913, promu caporal puis sergent respectivement les 8 et 23 septembre 1914 dans le même régiment.

A la caserne Tharreau (le 1er assis à droite sur cette photo)

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(debout en calot au 2ème rang à droite derrière le panneau sur cette seconde photo)02

Dans le conflit opposant la France à l'Allemagne, son régiment va être engagé à partir du mois d'octobre 1914 dans la bataille de l'Yser, fleuve côtier des Flandres belges, au côté des armées belges et britanniques et d'autres bataillons français.

Ces forces sont là pour contrer l'armée du Kaiser Guillaume II qui tente de se frayer un chemin le long de la côte de la Mer du Nord pour prendre Dunkerque et Calais. Mais rappelons la chronologie des évènements de cette bataille.

Elle commence le 15 octobre 1914 pour s'achever le 15 novembre de la même année. Les Allemands ont déjà envahi la Belgique depuis le 4 août 1914 selon le plan Schlieffen, les fortifications de Liège (15 août) et de Namur (25 août) n'ayant pu résister aux bombardements de l'ennemi.

L'armée belge, commandée par son roi Albert 1er, défend la dernière partie de son territoire le long de l'Yser entre Nieuport et Dixmude. Après plusieurs attaques, les Allemands prennent possession de la rive gauche de l'Yser et concentrent de nouveau leurs bombardements sur Dixmude, puis sur Ypres.

On assiste à une guerre de mouvement des forces engagées vers la mer : les Belges, en retraite depuis Anvers, les Allemands qui n'ayant pu emporter la décision sur le front de la Marne tentent de déborder l'armée française qui elle-même ramène des troupes de l'est : c'est ce que l'on appelé "la course à la mer".

La décision est prise alors (25 octobre) d'inonder la région en ouvrant les écluses du canal de l'Yser pour freiner l'avancée de l'armée allemande. Ainsi, malgré de violents combats, les Allemands n'arriveront pas à percer les lignes alliées. Le 1er novembre, ils amorcent leur retraite.

Cette bataille marque la fin de la 1ère phase du conflit, dite de guerre de mouvement qui précède celle des tranchées, et de l'offensive allemande sur ce front qui restera stable quatre années.

Vous pouvez obtenir plus de détails sur cette bataille en consultant les sites suivants :
- Centre Liégeois d'Histoire et d'Archéologie Militaire (CLHAM) ;
- Histoire des Régiments. Consulter la bataille des Flandres.

C'est au cours de cette bataille que, le 3 novembre 1914 à Zoonebeke, ville située près d'Ypres, mon grand-père sera grièvement blessé à l'avant-bras gauche. Après avoir certainement reçu les premiers soins en ambulance divisionnaire et/ou à l'hôpital d'évacuation primaire suivant le schéma d'évacuations sanitaires mis en place sur les lieux de combat (voir tableau ci-après), il se pourrait que son rapatriement vers l'hexagone se soit fait par bateau. Mais aucune mention concernant ces soins ne figure sur ses états de service.

Schéma d'évacuations sanitaires

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Des états de service qui ne font en effet état que d'hospitalisations à l'hôpital mixte de Cholet du 30 avril au 26 juin 1916, puis du 7 au 30 septembre 1916, avant d'être évacué vers l'hôpital auxiliaire n° 11 d'Angers, périodes situées bien au-delà de la date de sa blessure. Ce dernier hôpital était installé dans les locaux du pensionnat de jeunes filles Jeanne d'Arc situé 3 rue Joubert.

Ces hospitalisations tardives sont vraisemblablement dues au fait que la consolidation de son avant-bras a nécessité une greffe par prélèvement osseux sur sa jambe gauche. Sur une correspondance adressée à un de ses frères, il fait état de "massages" à Evreux. Il devait donc s'y trouver en rééducation. L'établissement où il a reçu des soins pourrait être l'école Saint-François-de-Sales, 2 rue Portevin, transformée en hôpital complémentaire (n°5) pendant le conflit ; les photographies montrant mon-grand père (le 2ème depuis la gauche avec le bras gauche et la jambe gauche bandés ou plâtrés) dans un parc avec en arrière-plan un bâtiment et devant ce même bâtiment qui présente des éléments architecturaux en façade similaires à ceux figurant sur la photographie de cette école.

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La "salle n° 12" devant la façade

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L'école Saint-François-de-Sales

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La commission spécialisée de réforme de cette ville prononcera sa réforme temporaire de 2ème catégorie le 29 septembre 1915, puis celle de Parthenay le réformera définitivement le 12 mai 1917 pour impotence fonctionnelle du bras gauche. Mon grand-père sera ensuite affecté au service des poudres à Sevran (Seine-Saint-Denis).

La Médaille Militaire avec attribution de la Croix de Guerre avec Palme lui sera conférée le 11 septembre 1917.


Henri_en_chasseur_alpinHenri François DUCRET est né le 18 mai 1897 à Lugrin (Haute-Savoie). De la classe 1917, il a été recruté à Annecy sous le matricule 2018 ; d'abord affecté au 97ème R.I.,nous le retrouvons ensuite au 201ème R.I.

Son régiment intégré dans la 3ème armée dirigée par le général HUMBERT va combattre dans la forêt domaniale de Retz (Aisne) afin d'enrayer l'offensive des Allemands vers Compiègne. L'armée allemande vise ensuite Paris. Cette offensive comprend deux opérations menées simultanément afin d'encercler les forces françaises et les obliger à leur retraite : l'une partant de l'est dirigée vers Villers-Cotterets, l'autre partant du nord et dirigée vers Compiègne.

Les assauts Allemands vont être particulièrement violents du 1er au 13 juin 1918. Ils pénétreront en partie le nord du massif forestier dès le 3 juin, créant une poche importante dans la ligne de front, grâce aux renforts de nombreuses divisions et de l'appui de leurs puissantes batteries. Face au danger que représente cette poussée allemande, l'état-major français va mettre en place une nouvelle stratégie pour contrer le déploiement par vagues d'assaut successives des divisions ennemies.

Le 11 juin, les généraux MANGIN et HUTIER lancent une furieuse contre-offensive avec l'appui des chars d'assaut et de l'aviation, enrayant l'avancée des Allemands tant à l'est qu'au nord.

Le 14 juin 1918, par "une journée calme" comme le relate le JMO (journal des marches et opérations), Henri DUCRET sera tué dans cette forêt de Retz, à Corcy. Il repose dans la nécropole militaire du cimetière de Villers-Cotterets.

Il était mon grand-père côté maternel. Il n'aura pas pu reconnaître sa fille née le 11 avril 1918, ma mère, fruit de son amour avec Claire LAVOREL.

Le JMO des 13 et 14 juin 1918 (extraits)         

JMO_14_6_1918JMO201er_giment14juin1918

(L'état des hommes de troupe du 14 juin 1918 indique que Henri DUCRET a été tué à l'est de la laie de la Croix du Pain Tendre et enterré au carrefour Château-Fée, commune de Longpont).

Dernier message d'amour d'Henri à Claire

Dernier_mot_d_Henri_Ducret

" La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas"

Paul Valéry




 


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21 novembre 2010

Blog représentatif!

article_RFGLa Revue Française de Généalogie (cliquez ici pour accéder à son site), magazine bimensuel de référence d'accompagnement des généalogistes dans leurs recherches et d'aide à la création de leur arbre grâce un service gratuit d'entraide, aux divers articles portant sur la méthodologie à employer et les ressources à utiliser, et sur le décryptage des textes anciens, a consacré un article dans son numéro de juin-juillet 2010 à la blogosphère généalogique. L'article suggère des thèmes différents pour agrémenter le contenu des blogs. Une sélection de  blogs représentatifs , dont le mien, illustre l'article (cliquez sur l'image pour l'agrandir).

Mon blog est plus axé sur les recherches généalogiques en général. Mais d'autres blogs sont consacrés, soit à l'histoire familiale, soit à la transcription des actes d'état-civil, paroissiaux ou notariés, soit à l'histoire locale, etc. A tout à chacun de choisir entre la spécialisation du contenu de son blog ou de faire un panachage des différents thèmes.


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07 août 2010

La guerre de Crimée, cette guerre méconnue

Jean Augustin Bouzanne est décédé à Sébastopol en Crimée le 10 décembre 1854. Il était né 21 ans plus tôt le 18 novembre 1833 à Saix, ville appartenant au canton de Les Trois Moutiers dans le département de la Vienne, fils de Louis Bouzanne et de Anne Diot.

Son acte de décès nous apprend qu'il est mort à l'hôpital de campagne dressé devant Sébastopol des suites du choléra (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Jean_Augustin_1854

Mais pour quelle cause avait-il été combattre en Crimée, territoire autrefois situé en Russie, aujourd'hui constituant une république autonome de l'Ukraine. Un retour dans le passé s'impose pour rappeler ce que fut cette guerre méconnue, opposant la Russie impériale à une coalition comprenant les Empires Français et Ottoman, le Royaume Uni et le Royaume de Piémont-Sardaigne.

L'origine de cette guerre nait d'une querelle opposant les moines français catholiques aux moines russes orthodoxes pour la protection des lieux saints en Palestine. Ce conflit va servir de prétexte au tsar de Russie Nicolas 1er qui veut imposer sa domination sur l'Empire Ottoman en déclin et s'assurer ainsi du contrôle du commerce maritime entre la Mer Noire et la Mer Méditerranée en ayant la mainmise sur les détroits. Or, l'Angleterre veut préserver ses intérêts sur le contrôle de la route des Indes en maintenant l'intégralité de cet Empire. Les français et les russes  vont cependant conclure un accord à la fin du mois d'avril 1853 qui établit une nouvelle répartition des lieux saints plus favorable aux moines orthodoxes. Mais le sultan ottoman refusant cet accord, le tsar Nicolas 1er fait occuper les provinces roumaines de Moldavie et de Valachie le 1er juillet 1853 ; cette occupation entraine l'Empire Ottoman a déclaré la guerre à la Russie le 4 octobre 1853.

Le 27 mars 1854, l'ultimatum sommant la Russie d'évacuer ces provinces étant resté sans réponse, l'Angleterre déclare à son tour la guerre à la Russie avec l'appui de la France, Napoléon III manifestant ainsi sa bonne volonté à l'égard de la reine Victoria et désireux de briser l'isolement politique du pays depuis 1815 accentué par la proclamation de l'Empire. Les russes évacuent ces provinces à la suite du débarquement des troupes franco-anglaises à Varna le 29 avril 1854 et sous la pression de l'Autriche qui menace de s'allier aux occidentaux, ; la coalition décide cependant de s'emparer de Sébastopol où la Russie a établi une puissante base navale.

Siège de Sébastopol (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

prise_s_bastopol

Le 14 septembre 1854, l'armée franco-britannique débarque dans la baie d'Eupatoria, située au nord de Sébastopol, et met rapidement en déroute les troupes russes qui se sont retranchées sur les hauteurs de la rivière Alma. Mais l'incompétence du haut commandement allié, récurent tout au long de cette guerre, ne permet pas à celle-ci de mettre un terme rapide à ce conflit. De fait, l'armée russe va pouvoir ainsi se reformer dans la citadelle fortifiée de Sébastopol. Cette dernière ne tombera donc aux mains des alliés qu'à la suite de l'assaut du fort Malakoff le 7 septembre 1855 par le général Edmé de Mac Mahon, lequel doit surtout sa postérité à ses célèbres paroles "J'y suis. J'y reste". De Mac Mahon (1808-1893) sera promu maréchal de France en 1859 et deviendra président de la république française en 1873, présidence qu'il assurera jusqu'en 1879.

Le tsar Nicolas 1er étant mort le 2 mars 1855, son fils Alexandre II qui lui succède accepte par le traité de Paris du 30 mars 1856 de reconnaitre l'indépendance de l'Empire Ottoman, l'autonomie des principautés de Moldavie et de Valachie, la neutralité de la Mer Noire et la libre circulation sur le fleuve Danube.

Cette guerre aura provoqué la mort de 120.000 hommes chez les alliés, autant chez les russes, les français en ayant perdu à eux seuls 95.000, dont 75.000 de maladies. En effet, et c'est ce qui caractérise le plus ce conflit, les épidémies ont tué plus d'hommes que les combats! Le choléra, le typhus et la dysenterie ont été les conséquences d'une hygiène déplorable et de la mauvaise qualité de la nourriture, sans oublier les carences logistiques quant à l'approvisionnement des camps et la prise en charge des blessés.

Elle est aussi considérée comme étant la "première guerre moderne" par l'utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux matériels, ainsi des armes à feu plus destructives et le télégraphe pour permettre un acheminement plus rapide des communications, ainsi l'utilisation de navires de guerre fortement armés, les cuirassés, pour appuyer l'intervention terrestre de l'infanterie. Par ailleurs, la tempête survenue le 14 novembre 1854 qui a provoqué le naufrage de nombreux navires et la destruction de matériels à terre a incité le français Urbain Le Verrier à mettre en place un réseau européen de surveillance météorologique afin de prévenir des changements de conditions climatiques. Enfin, c'est aussi l'apparition des premiers reportages photographiques de guerre faits à l'initiative du gouvernement britannique qui engagea Roger Fenton pour cette mission.

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07 mai 2010

Mes recherches actuelles

Mon arbre généalogique est consultable sur le site Généanet, en affichant le patronyme Bouzanne à partir du répertoire. Cette branche a pour origine le début du XVIIème siècle et est localisée à Brézé et à Saint-Cyr-en-Bourg, petites villes situées près de Saumur dans le Maine-et-Loire (quelques vues anciennes de ces deux villes figurent dans l'album photos) ; deux familles, composées de deux demi-frères, se sont installées à Saix dans la Vienne vers 1828, village situé à environ six kilomètres de Brézé. L'arborescence se développe ensuite, entre 1832 et 1838, à Bressuire dans les Deux-Sèvres, ville située à une soixantaine de kilomètres des précédentes. J'ai cependant relevé un acte de naissance isolé en 1888 à Brézé, une fille d'un des deux demi-frères précités.

Je n'ai pas trouvé à ce jour, mais mes investigations ne sont pas terminées, d'actes de baptême dans le Maine et Loire antérieurs à 1626 ; ce constat ne signifie pas qu'il n'y a pas eu de naissances, les registres d'actes paroissiaux ayant, soit disparus, soit étant incomplets ou très détériorés, donc inexploitables, soit n'ayant tout simplement pas été tenus conformément à l'ordonnances de Villers-Cotterêts du 10 août 1538 promulgué par François 1er concernant. les baptêmes , et à l'ordonnance de Blois de 1579 promulgué par Henri III qui étend cette obligation pour les mariages et les sépultures. La présence de mon patronyme dans le Maine et Loire pourrait tout aussi bien signifiée, sur l'hypothèse que l'origine de mon nom est liée avec celui de la rivière coulant dans l'Indre, à la migration d'individus du Berry vers les Pays de la Loire ; en effet, la distance d'environ cent soixante kilomètres peut être facilement franchissable en utilisant l'écoulement naturel des cours d'eau, soit d'amont en aval, la Creuse, puis la Vienne et enfin la Loire. La présence de plusieurs familles portant mon patronyme, majoritairement situées dans l'Indre, à ou près des villes de Châteauroux et d'Argenton-sur-Creuse, peut accréditer cette hypothèse.

Cependant, cette rivière a ainsi été renommée en 1585, Bosannia étant son toponyme précédent (voir le message "origines du patronyme Bouzanne"). Or, un article publié en 1895 par un membre de la Société Historique de Compiègne, Monsieur le baron de Bonnault d'Houet, à propos d'Antoine Erlault, évêque de Chalon-sur-Saône et confesseur de Catherine de Médicis,  relate la présence d'un "maître" Bouzanne à Paris en 1562 à qui cet évêque aurait demandé l'autorisation de sous-louer son appartement situé à la Sorbonne! L'existence de mon nom semble donc antérieure à celui attribué à cette rivière. De là à émettre le postulat que c'est mon patronyme qui a donné le nom à la rivière, et non le contraire, il n'y a "qu'une brasse" que je me garderais bien de franchir. La réponse à cette énigme ne pourra être apportée que par la recherche d'un document officiel relatant le changement de nom de cette rivière. Mais, s'il existe, où le trouver? Et pour corroborer cette antériorité, des documents de remembrance établis lors d'assises de la seigneurie de Brézé en mai 1582 mentionnent le nom de François Bouzanne.

Pour clore "cette mobilité" évoquée plus haut, plusieurs familles ont migrées vers le Canada vraisemblablement au début du XIXème siècle ; elles seraient actuellement au nombre d'une vingtaine principalement installées dans la province de l'Ontario.

Je terminerais en évoquant une branche "noble", les Bouzanne des Mazery, qui se limite aujourd'hui à quelques familles principalement localisées à Paris. Cette branche est répertoriée au XVIIème siècle dans un ouvrage des notables tourangeaux. L'orthographe du nom a évoluée suivant les époques, de Bouzanne des Mazeries originellement à Bouzanne des Mazery actuellement, en passant par Bouzanne-Desmazery tel que répertorié dans l'annuaire de la noblesse de France édité en 1874. Cette particule apparait au milieu du XVIIème siècle à Saint-Lambert-des-Levées, ville proche de à Saumur, avec Pierre Bouzanne, Sieur des Mazeries.

Pour résumer, au début du XVIIème siècle, cinq familles portant mon patronyme sont identifiées dans le Maine et Loire, mais leurs liens de sang ne peuvent pas être établis pour quatre d'entre elles :

- Pierre Bouzanne et Marie Trudet née vers 1603, famille à la base de mon arbre généalogique, leur premier enfant étant né en avril 1630 ;

- Pierre Bouzanne et Marguerite Genevray (nom incertain pour cette dernière), dont le premier enfant est né en septembre 1626 ;

- Pierre Bouzanne et Hélène Randouin dont le premier enfant est né en mai 1633.

Ces trois premières familles demeurent à Saint Cyr en Bourg, tous les actes de baptême étant transcrits dans la paroisse de cette ville.

- Jean Bouzanne et Renée Géneteau, famille initiale de la descendance des Bouzanne des Mazery ;

- Louis Bouzanne et Perrine Genevray, cette dernière décédée à Brézé en 1683 âgée de 80 ans, aucune descendance ne pouvant cependant être précisée en raison de l'absence, pour la commune précitée, d'actes de baptême antérieurs à 1670 pour la paroisse Sainte-Catherine (paroisse du château), et 1680 pour celle de Saint-Vincent. Louis Bouzanne est probablement le frère de Pierre Bouzanne, époux de Marie Trudet ; en effet, l'acte de mariage de René Bouzanne, fils de Pierre Bouzanne et Marie Trudet, avec Marie Guillot le 13 février 1673 indique Louis Bouzanne comme oncle du marié.

Ces deux familles demeurent vraisemblablement à Brézé, la table des baptêmes, bénédictions nuptiales et sépultures consultable depuis 1617 indiquant la naissance de nombreux enfants à partir de 1626, plusieurs dates proches prouvant la présence d'au moins deux de ces fratries.

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02 avril 2010

Des variantes orthographiques de mon patronyme

Dans mon message sur les origines du patronyme Bouzanne, et plus particulièrement sur son anthroponymie, je cite diverses variantes graphiquement ou phonétiquement proches. Il manque à cette liste le patronyme orthographié Bousane, ou Bousanne, présent aux XVIIème et XVIIIème siècles dans les départements du Morbihan et du Vaucluse ; quelques actes avec cette orthographe sont en effet relevés à Gourin dans le Morbihan, à Visan et à Gigondas dans le Vaucluse. Généabank indique également un acte de mariage dans les Côtes d'Armor ; il doit s'agir vraisemblablement de la publication des bans de celui enregistré à Roudouallec, dans le Morbihan, entre Jean Bousane et Françoise Lois.

Interressons-nous à la ville de Gourin, les archives du Vaucluse n'étant pas encore consultables sur internet. Le rapprochement avec mon patronyme tel qu'écrit aujourd'hui semble probable, l'orthographe variant suivant les actes de Bousan(n)e à Bouzane. La  prononciation du nom a probablement influencée sa transcription dans les actes ; en effet, la lettre "s" se prononçe "z" entre deux voyelles.

Les actes relevés concernent deux frères et une soeur :
- Jan (Jean) Bousane marié le 11 juin 1721 avec Jeanne Le Naizet, remarié le 18 juillet 1725 à Roudouallec (ville située près de Gourin) avec Françoise Lois ;
- Julien Bousane décédé le 3 février 1729 ;
- Anne Bousane mariée le 3 février 1729 avec Jean Le Menez, avec qui elle a eu deux enfants, remariée le 3 août 1757 avec Jean Le Mourer.
Aucun autre acte sur Gourin n'a été trouvé concernant ces trois individus de la fin du XVIIème siècle à la moitié du suivant. Je reste donc sur deux interrogations : d'où venaient-ils et qui étaient leurs parents?

Signe visible de déplacement de familles d'une commune à une autre, voire d'une province à une autre, les départements n'existant pas encore aux dates concernées, mon patronyme orthographié Bouzane ou Bouzanne apparaît également ponctuellement en Corrèze, dans les Bouches du Rhône, en Isère et enfin, pour la région Midi-Pyrénées, dans l'Aveyron et le Tarn.
En Corrèze, à Saint Hilaire Peyroux, je relève deux actes isolés concernant Françoise baptisée le 27 novembre 1781 à Vénarsald, suivi de son inhumation le 30 novembre suivant. Elle est la fille de Pierre Bouzanne et de Marguerite Cicard ; il n'existe aucun autre acte concernant ce couple sur la commune précitée. A noter que le patronyme Cicard, très présent dans la région, est le plus souvent orthographié Sicard.

Dans les Bouches du Rhône, deux documents sont concernés :
- un acte de baptême à la paroisse Notre-Dame La Major d'Arles le 24 novembre 1659 concernant Françoise fille de Marcelin Saunestre et de Françoise Bouzanne ;
- un contrat de mariage à Marseille la Canebière en 1693 entre Nicolas Bouzanne et Barbe Guillème.
Dans l'Isère, une naissance est annotée en 1642 à Saint Antoine l'Abbaye : il me faudra attendre la mise en ligne des archives de ce département pour découvrir cet acte.

Enfin, j'ai noté le mariage le 6 septembre 1735 à Sauveterre de Rouergue dans l'Aveyron de Louis Bouzane avec Thérèse Foulq ; Louis, né à Graulhet dans le Tarn, est le fils d'Antoine Bouzane et de Jeanne Descols. A propos de Graulhet, et de sa paroisse Saint Projet de Graulhet, j'ai relevé deux actes de naissance concernant la même famille, quoique le patronyme soit orthographié différemment, mais la mention de la profession de Maitre Perruquier du père, François, est identique sur chacun de ses actes, ainsi que le nom de la mère, Jeanne Descols ; le premier acte est du 13 juillet 1695 est au nom de Pierre Bousènes, le second du 14 janvier 1697 est au nom de Pierre Bouzène : serait-ce encore des variantes orthographiques ?

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21 avril 2009

La Vallée de la Bouzanne sur TF1

Dans le cadre d'une série de reportages sur le département de l'Indre, la Vallée de la Bouzanne a été mise à l'honneur sur le journal de 13 heures de TF1, présenté par Jean-Pierre Pernaut, le mardi 21 avril 2009.
Découvrez ou redécouvrez ce reportage en cliquant
ici.

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13 février 2009

Origines du patronyme Bouzanne

L'origine du nom.

L'origine du patronyme Bouzanne, rare et probablement monophylétique, est inconnue. Elle pourrait être liée à celui de la charmante rivière située dans l'Indre évoquée par ailleurs. En effet, selon une histoire rapportée par un de mes cousins éloignés, tenant lui-même cette information d'une de ses aïeules, ce nom aurait été donné à un enfant abandonné près de la Bouzanne et recueilli par des gens du voyage à qui ils auraient le nom de cette rivière! La présence proche d'une quinzaine de familles portant le patronyme Bouzanne pourrait valider cette hypothèse de lien avec la rivière du même nom.

C'était l'hypothèse qui m'apparaissait comme étant la plus crédible ; mais mon patronyme semble déjà existé en 1562, soit antérieurement à 1585, date du changement de nom de la rivière de Bosannia en Bouzanne (voir à ce sujet mon message "mes recherches actuelles"). Un seigneur "de Bouzanne" aurait-il donné son nom à cette rivière?

De la toponymie...

Mais d'où vient le nom de cette rivière? Je cite l'étymologie suivante qui nous a été proposé par Jean-Christophe Nouhant sur son site internet consacré à sa région, site aujourd'hui fermé : l'étymologie de cette rivière n'est pas assurée. Peut-être une racine hydronomique préceltique "bol-", dont le prototype est "bol-osa-(a)na avec un double suffixe roman. D'où, je suppose, l'ancien nom donné à cette rivière, Bosannia. Mais que signifie cette racine? Et puis comment le toponyme a évolué de Bosannia à Bouzanne au XVIème siècle? Si je me réfère au site d'un passionné d'histoire et de géographie qui recense l'origine des noms des lieux (pour accéder à son site, cliquez ici), et plus particulièrement pour mon cas  celle des rivières de notre hexagone, je relève des analogies qui pourraient apporter quelques éclaircissements, à savoir :

- le suffixe "onna" présent par exemple dans le nom des rivières  la Cusanne, le Grozonne, l'Ouanne ou la Sorsonne signifie la source ou la petite rivière ;

- pour le préfixe, rien de très sûr, si ce n'est que le nom des rivières dont les racines sont proches de celles la Bouzanne, telles la Boivre et la Bouble, vient de vabero signifiant le ruisseau, et que celui des rivières la Bourbince et la Bourbonne vient de borvo, dieu gaulois des sources bouillonnantes. Mais "bou" (bu) pourrait tout aussi bien signifier un bois ou une forêt.

Pour l'essentiel, ces racines ont donc logiquement un rapport avec l'eau. Je relève enfin que le préfixe "Bouz" apparaît également dans le nom d'autres cours d'eau proches de La Bouzanne, à savoir le Bouzanteuil et le Bouzantin, tous deux affluents de la Creuse comme La Bouzanne, le premier près de Saint Gaultier, le second près d'Eguzon. Ce préfixe non répertorié dans le site précité au même titre que les noms de ces rivières pourrait-t-il avoir un point commun dans la toponymie des cours d'eau situés dans cette région du Berry, le Boischaut?

Ce toponyme ne se cantonne toutefois pas à cette rivière. Il désigne en effet plusieurs lieux-dits géographiquement éloignés du Berry, à savoir :

- un hameau près de Talensac dans l'Ile-et-Vilaine ;

- un écart à Saint-Macaire en Mauges dans le Maine-et-Loire ;

- plusieurs terrains non habités cadastrés dans une section dite "de Bouzanne" à Dierrey Saint-Julien dans l'Aube.

Il désigne également un lieu-dit situé près d'Aigurande, à cheval semble-t-il entre les départements de la Creuse et de l'Indre, la proximité de la source de La Bouzanne expliquant probablement cette dénomination. Mais comment et/ou pourquoi ce toponyme se retrouve-t-il dans les trois premiers lieux cités?

... à l'anthroponymie.

Pour en revenir au patronyme, un site généalogique canadien explique l'origine de familles Bouzanne ayant émigrées à Terre-Neuve, texte traduit que je reprends ad litteram : "Bouzan - Variante de noms de famille français Bo(u)zon etc..., venant ? d'un nom personnel allemand contenant l'élément bos (mauvais) ou ? du nom d'un lieu français non identifié. A Terre-Neuve : tradition familiale : Michael Bouzane, fils cadet de propriétaires fonciers à la Bouzanne (non identifiée) à environ 30 miles de Paris, partit en mer et s'installa à Western Bay en 1850." Le texte se poursuit sur la dispersion des fils de Michael Bouzane dans diverses régions du Canada, l'orthographe du nom évoluant en Boozan, Bouzan(e) et Bouzanne! Le  patronyme Bouzanne, ou les variantes graphiquement et phonétiquement proches telles que  Bosan, Bozan, Bozane, Bouzan et Bouzans sont absentes de la base Racina accessible gratuitement sur le site de Jean-Louis Beaucarnot, spécialiste de la généalogie en France ; seuls sont présents les proches patronymes Bozon et Bouzon. Par contre, quelques familles portant ces noms sont de nos jours présentes dans l'hexagone mais hors des départements où principalement se situe, ou s'est situé par le passé, le patronyme Bouzanne. Pour apporter un peu de piquant à cette quête, un bousane, mot tiré du dictionnaire du Berry d'autrefois, désigne un frelon ou un gros bourdon!

Pour compléter cette recherche sur l'origine de mon patronyme, je cite le nom graphiquement proche de Bouzanne, à savoir le nom arabe Bouziane (ou Bouzianne), "bou-" ("bû") pouvant dans cette langue signifier "l'homme" ou "le père" de la famille Ziane (ou Zianne). Dans la base Racina , ce nom apparaît dans les départements de la Charente-Maritime en 1714 et de la Mayenne au XVIIème siècle ; il n'est porté semble-t-il aujourd'hui que par des familles d'origine maghrébine.

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